Les résultats du projet sont au nombre de quatre:
une méthode de diagnostic comparatif rapide (DCR) a été élaborée;
une base de données présentée dans les annexes 1 et 3;
des études de cas de «bonnes pratiques», au nombre de 26, dont le détail est donné en annexe 2;
des principes agronomiques, hydrauliques, organisationnels et financiers pour améliorer les performances des périmètres irrigués sahéliens, présentés sous la forme de 6 articles, en annexe 4.
Les trois derniers résultats sont complémentaires. La base de données constitue le matériel de base utilisé pour mener des analyses - diagnostics comparatifs des pratiques et performances sur les périmètres étudiés. Des principes d’amélioration des performances ont été déduits de ces analyses - diagnostics et présentés sous la forme de 6 articles, un format qui permet de les expliciter correctement. Par ailleurs, les études de cas concrets illustrent ces principes dans les fiches «bonnes pratiques». Le contenu des annexes 4 et 2 peut ainsi se lire en parallèle, dans la mesure où les exemples illustrent la théorie.
Un résultat important du projet est d’avoir montré l’intérêt de comparaisons de pratiques et de résultats à l’échelle régionale. On se propose donc de systématiser cette démarche à travers une méthodologie de diagnostic comparatif rapide DCR présentée. En dernière partie, un exemple de DCR est donné.
Le DCR permet, en comparant les performances et pratiques d’un aménagement à un référentiel régional, d’effectuer un diagnostic rapide de cet aménagement. Une simulation économique simple permet ensuite d’une part d’affiner ce diagnostic en proposant une hiérarchie des problèmes (lorsque la modélisation est possible), et d’autre part d’évaluer l’impact théorique de l’introduction de meilleures pratiques sur cet aménagement.
Cette méthode développe en cinq étapes la méthode ‘Rapid Appraisal Process’ proposée dans Modern Water Control and Management Practices in Irrigation - Impact on Performance, FAO Water Report 19.
Etape 1 - Analyse qualitative rapide
Il s’agit de lister l’ensemble des principes concourant à la réalisation de meilleures performances, qu’ils soient présents ou non sur le périmètre étudié.
Périmètre étudié |
Principes d’amélioration des performances |
|
Diagnostic qualitatif rapide |
|
Principe 1 |
|
Quels principes ne sont pas respectés? |
Etape 2 - Formatage des données du périmètre étudié et calcul des indicateurs
Les différents indicateurs utiles au DCR sont calculés de façon standardisée, par exemple selon le modèle proposé par le projet «bonnes pratiques» (voir méthodologie du projet/calcul des indicateurs).
Etape 3 - Comparaison des performances et des pratiques
Indicateurs |
Référentiel régional |
Périmètre étudié |
|
Diagnostic quantitatif rapide |
||
Site 1 |
Site 2 |
Site 3 |
||||
Rendement |
5 |
5,5 |
4,5 |
5 |
|
Quelles performances par rapport au référentiel? |
Revenu/ha |
100 000 |
150 000 |
100 000 |
150 000 |
||
TIR |
0% |
10% |
0% |
10% |
||
Autre |
|
|
|
|
Etape 4 - Identification de «bonnes pratiques» pouvant apporter une amélioration
Sur la base des diagnostics qualitatif et quantitatif, certains points de blocage et marges de progrès sont identifiés. Ce diagnostic devrait être confirmé, mais on suppose que l’adaptation au contexte local et l’introduction de «bonnes pratiques» permettent d’améliorer certaines performances.
Etape 5 - Simulation de l’introduction de ces «bonnes pratiques»
L’impact de l’introduction de certaines «bonnes pratiques» peut être évalué grâce à une simulation économique simple. Il est ainsi possible de hiérarchiser les problèmes suivant l’impact économique de l’introduction de plusieurs «bonnes pratiques». La simulation, cependant, ne traduit jamais que l’effet mécanique d’une modification des données sur le résultat d’un calcul. En outre, la hiérarchisation des impacts ne correspond pas nécessairement à l’ordre dans lequel les changements devraient être proposés. Elle indique simplement l’effet attendu de ces différents changements. Les résultats de cette simulation sont donc à utiliser avec précautions.
Indicateurs |
Situation de départ |
Changement |
Changement |
|
|
Revenu/ha |
|
+ 10% |
+ 30% |
|
Evaluation de l’introduction de certaines pratiques. |
Coût de revient |
|
- 15% |
- 35% |
||
Autres |
|
|
|
Analyse qualitative rapide
Lorsque cela est possible, le respect, ou non, de certains principes est indiqué. Pour cela, une grille de référence, telle que celle établie à partir des «bonnes pratiques» identifiées et détaillées ci-après, est utilisée. Pour le périmètre de Débé II au Burkina Faso, les grilles s’écrivent:
Général |
|
|
Adapter les recommandations théoriques aux contraintes locales. |
|
Replacer l’agriculture irriguée dans son contexte environnemental (lutte contre la désertification). |
|
La concertation lors d’introduction de changements (organisationnels ou techniques) est indispensable, que ce changement soit endogène (issu de la coopérative) ou exogène (issu d’un projet). |
|
L’adhésion/l’engagement des irrigants est indispensable à la réalisation de changements. |
|
Accompagner le transfert de responsabilités (notion de transfert sans abandon). |
|
Ne pas négliger le “capital social” au détriment du capital infrastructure lors de la conception comme lors de la réhabilitation des aménagements. |
|
Faciliter l’émergence de responsables de la coopérative capables de gérer le système irrigué. |
|
Appui conseil (pas seulement sur des aspects techniques, alphabétisation fonctionnelle). |
Maîtrise des aspects agronomiques de la production à la parcelle |
||
|
Importance des conditions d’implantation du riz; |
|
|
|
un travail du sol minimum est nécessaire; |
|
|
un travail du sol humide est préférable; |
|
|
la qualité du planage est importante (manuel ou mécanique); |
|
|
la mécanisation de certaines opérations permet de pallier le manque de main-d’œuvre; |
|
|
la qualité de la semence et du semis est importante; |
|
|
il est préférable de limiter le nombre de variétés sur un même périmètre. |
|
Maîtrise/contrôle des mauvaises herbes: |
|
|
|
Associer et alterner différentes techniques de lutte contre les adventices à la parcelle (manuel, mécanique, chimique, contrôle de la lame d’eau); |
|
|
la maîtrise des mauvaises herbes nécessite des pratiques à plusieurs niveaux: désherbage des parcelles, tri des semences, désherbage des canaux. |
|
Maîtrise de la fumure: |
|
|
|
apporter une combinaison N et P: combinaison urée/DAP; |
|
|
assurer un apport en matière organique en complément de la fumure minérale. |
|
Respect de l’itinéraire technique et du calendrier cultural à la parcelle. |
|
|
Maîtrise de l’eau à la parcelle (bonne valorisation des intrants). |
|
|
Adaptation des recommandations théoriques aux contraintes locales: |
|
|
|
conseil personnalisé aux producteurs tenant compte des conditions réelles propres à chaque cas; adaptation des messages techniques. |
|
Envisager également les autres cultures que le riz: |
|
|
|
diversification des cultures et des revenus: il existe de réelles opportunités de diversification; |
|
|
associer une culture secondaire (eucalyptus notamment) à la culture principale (riz). |
Maîtrise de la gestion hydraulique a l’échelle du périmètre |
||
|
Service de l’eau: fonctionnement courant et maintenance: |
|
|
|
assurer le bon fonctionnement et la pérennité des équipements hydrauliques, avec les implications financières que cela suppose (maintenance, renouvellement); |
|
|
maîtriser les coûts de pompage; |
|
|
des solutions techniques simples peuvent résoudre des problèmes organisationnels et de gestion; |
|
|
favoriser un mode de distribution de l’eau à la demande; |
|
|
il peut être intéressant de séparer la fonction hydraulique des autres fonctions. |
|
Gestion financière de la redevance hydraulique: |
|
|
|
redevance traduisant la réalité des coûts (redevance variable ou forfait ajusté et transparent); |
|
|
laisser le choix aux irrigants du mode de paiement de la redevance (paddy ou espèce). |
Maîtrise des aspects organisationnels de la production à l’échelle du périmètre |
||
|
Planification agricole à l’échelle du périmètre: |
|
|
|
concilier les contraintes collectives et individuelles; |
|
|
juste étalement du calendrier cultural à l’échelle du périmètre; |
|
|
favoriser la réalisation d’économies d’échelles; |
|
|
regrouper géographiquement et dans le temps les pépinières sur des parcelles réservées exclusivement à cet usage (permet le chevauchement des cycles). |
|
Professionnalisation de la gestion des aménagements: |
|
|
|
externaliser une fonction complexe par délégation (notamment les aspects hydrauliques); |
|
|
appui - conseil et audit externe (expertise, contrôle) (notamment pour les aspects hydrauliques); |
|
|
favoriser la concertation dans les décisions collectives sources de contraintes individuelles pour l’agriculteur; |
|
|
localiser le niveau de concertation et de prise de décision à des groupes de petite taille: décentralisation vers des OP de base indépendantes financièrement. |
Maîtrise des aspects financiers de la production à l’échelle du périmètre |
||
|
Systèmes adéquats de financement des campagnes agricoles: |
|
|
|
proposer de nouvelles formes de capitalisation en alternative à l’épargne bancaire faiblement rémunérée (ou risque de dévaluation); |
|
|
disposer d’une trésorerie assurant le financement rapide de certaines opérations (démarrage de la campagne avant l’obtention du crédit, réparation d’urgence du GMP); |
|
|
avoir une alternative au crédit (pas de taux d’intérêt, de conditionnalités, de délais d’obtention); |
|
|
crédit intégré dans la filière. |
|
Professionnalisation de la gestion: |
|
|
|
externaliser une fonction complexe par délégation (notamment les aspects financiers); |
|
|
appui - conseil et audit externe (expertise, contrôle) (notamment pour les aspects financiers); |
|
|
décentralisation des transactions financières, notamment du crédit et de la collecte de la redevance, vers des OP de base indépendantes financièrement (y compris dans le cadre d’organisations supra périmètres): principe de subsidiarité. |
Maîtrise des aspects de la gestion de l’organisation collective sur le périmètre et supra-périmètre |
||
|
Gestion de la coopérative: |
|
|
|
maîtrise des frais de gestion; |
|
|
transparence dans la gestion de la coopérative (gestion financière et notamment gestion de la redevance); |
|
|
concertation (gestion concertée pour l’ensemble des décisions: planification agricole, calcul de la redevance); |
|
|
partage entre fonctions bénévoles, indemnisées ou rémunérées, assurées par la coopérative, les individus ou des prestataires extérieurs. |
|
Un cadre institutionnel clarifié: |
|
|
|
règles et sanctions claires, définies en concertation et effectivement appliquées, différenciées et graduelles (notamment pour le recouvrement de la redevance hydraulique, le respect des tours d’eau); |
|
|
partage des responsabilités clair, défini en concertation, accepté et respecté; |
|
|
séparation des fonctions de décision, d’exécution et de contrôle. Mise en place de commissions techniques (approvisionnement, contrôle) véritables chevilles ouvrières des coopératives; |
|
|
partage des responsabilités entre différents niveaux d’organisation: supra-périmètre, coopérative, OP de base, commissions techniques, individus (principe de subsidiarité); |
|
|
permettre l’intervention d’une autorité morale extérieure (arbitrage, sanctions). |
|
Contractualiser les relations avec les partenaires extérieurs. |
|
|
Assistance de la coopérative dans les négociations avec les partenaires extérieurs. |
|
|
Avoir recours à des outils d’aide à la décision et à la gestion (outil CalCul). |
|
|
Décentralisation vers les OP de base indépendantes financièrement et responsabilisation des irrigants. |
|
|
Différents niveaux d’organisation y compris supra-périmètre: |
|
|
|
former une structure supra-périmètre, interlocuteur unique de poids face aux différents partenaires; |
|
|
différents niveaux d’organisation (supra-périmètre, coopérative, organisation paysanne de base, commission techniques, bureau, conseil d’administration) et des moyens de concertation et de communication. |
Intégration de la filière |
||
|
Intégration de la filière et prise en compte de l’amont de la production par la coopérative: maîtrise collective de l’approvisionnement en intrants (quantité, qualité et coût): |
|
|
|
participation de la coopérative; |
|
|
participation d’organisations faîtières. |
|
Intégration de la filière et prise en compte de l’aval de la production par la coopérative: décorticage et commercialisation: |
|
|
|
prendre en compte le fait que le produit commercialisable soit le riz et non le paddy: le choix de la variété doit aussi prendre en compte les caractéristiques au décorticage; |
|
|
prise en compte de la demande du marché, notamment sur les questions de qualité du riz; |
|
|
envisager les alternatives techniques et mettre en concurrence différents modes de décorticage du paddy. |
|
Former une structure supra-périmètre, interlocuteur unique de poids face aux différents partenaires. |
|
|
Mise en place d’un fonds de garantie (sécurise la banque). |
Synthèse |
|
|
Nécessité de concertation lors d’introduction de changements (organisationnels ou techniques), que ce changement soit endogène (issu de la coopérative) ou exogène (issu d’un projet). |
|
Accompagner le transfert de responsabilité (notion de transfert sans abandon). |
|
Adapter les recommandations théoriques aux contraintes locales. |
|
Des solutions techniques simples peuvent résoudre des problèmes organisationnels et de gestion. |
|
Ne pas négliger le “capital social” au détriment du capital infrastructure lors de la conception comme lors de la réhabilitation des aménagements. |
|
Replacer l’agriculture irriguée dans son contexte environnemental (lutte contre la désertification). |
|
Diversification des cultures et des revenus: il existe de réelles opportunités de diversification. |
|
Importance des conditions d’implantation du riz. |
|
Maîtrise/contrôle des mauvaises herbes. |
|
Maîtrise de la fumure. |
|
Maîtrise de l’eau à la parcelle. |
|
Respect de l’itinéraire technique et du calendrier cultural à la parcelle. |
|
Planification agricole à l’échelle du périmètre. |
|
Systèmes adéquats de financement (crédit de campagne, crédit d’équipement). |
|
Intégration de la filière et prise en compte de l’amont de la production par la coopérative. |
|
Intégration de la filière et prise en compte de l’aval de la production par la coopérative. |
|
Prendre en compte le fait que le produit commercialisable soit le riz et non le paddy. |
|
Assurer le bon fonctionnement et la pérennité des équipements hydrauliques, avec les implications financières que cela suppose (maintenance, renouvellement). |
|
Séparer la fonction hydraulique des autres fonctions. |
|
Transparence dans la gestion (y compris financière) de la coopérative. |
|
Concertation (gestion concertée). |
|
Elaborer un cadre institutionnel clarifié: règles et sanctions claires, définies en concertation et effectivement appliquées, différenciées et graduelles. |
|
Elaborer un cadre institutionnel clarifié: partage clair des responsabilités clair, défini en concertation, accepté et respecté. |
|
Séparation des fonctions de décision, d’exécution et de contrôle. Mise en place de commissions techniques. |
|
Professionnalisation: externaliser une fonction complexe par délégation. |
|
Professionnalisation: appui - conseil et audit externe (expertise, contrôle). |
|
Contractualiser les relations avec les partenaires extérieurs. |
|
Avoir recours à des outils d’aide à la décision et à la gestion (ici outil CalCul). |
|
Décentralisation vers les OP de base indépendantes financièrement et responsabilisation des irrigants. |
|
Différents niveaux d’organisation y compris supra-périmètre. |
De nombreux principes agronomiques, hydrauliques organisationnels et financiers ne sont pas respectés sur le périmètre de Débé II, comme le montre le tableau de synthèse ci-dessus, avec pour conséquence des aspects techniques peu performants. Les points de blocage essentiels semblent concerner les aspects organisationnels et financiers.
Analyse quantitative: comparaison des performances et pratiques
L’analyse quantitative repose sur la comparaison des performances et pratiques du périmètre étudié par rapport à un référentiel régional. Pour simplifier l’exemple, quelques tableaux de synthèse présentent ici les performances de Débé II en hivernage par rapport aux valeurs maximum et minimum des indicateurs que l’on a calculé sur les autres périmètres étudiés par le projet (ces périmètres représentant un référentiel partiel).
Remarque: les valeurs mini et maxi sont celles trouvées individuellement sur l’ensemble de l’échantillon de périmètres pris en référence.
Contexte économique et technique
Les agriculteurs de Débé II, qui font face à un coût élevé des intrants et à un prix du paddy non rémunérateur, sont particulièrement défavorisés. Alors que le coût des intrants dépend du contexte économique (enclavement géographique), le prix non rémunérateur du paddy est lié aux mauvaises performances en aval de la filière (faible rendement et coût élevé du décorticage). Pour que le prix du riz reste attractif sur le marché, le prix du paddy ne peut dépasser 100 FCFA/kg.
En considérant un itinéraire technique (IT) type et un rendement moyen de 5t/ha, l’impact de ce différentiel de prix sur les charges approchées (sans main-d’œuvre, prestations) et sur la valeur ajoutée brute approchée et simplifiée[4] est estimé. Un désavantage de plus de 100 000 FCFA/ha par rapport au Mali est constaté. Les performances moyennes au décorticage permettent d’évaluer l’impact sur le coût de revient du riz. Le différentiel de prix (intrants, paddy, décorticage) et le mauvais rendement au décorticage suffisent à expliquer un coût de revient du riz trois fois plus élevé à Débé II.
TABLEAU 5
Analyse des performances et
pratiques
|
Contexte économique et technique |
|||
IT |
Burkina |
Mali |
Mauritanie |
|
Urée (FCFA/kg) |
200 kg |
240 |
235 |
115 |
DAP (FCFA/kg) |
100 kg |
|
260 |
190 |
NPK (FCA/kg) |
100 kg |
240 |
|
|
Gazole (FCFA/l) |
100 l |
315 |
275 |
175 |
Charges (FCFA/ha) |
|
103 500 |
100 500 |
59 500 |
Paddy (FCFA/kg) |
|
100 |
125 |
100 |
Valeur ajoutée brute approchée (FCFA/ha) |
5t/ha |
396 500 |
524 500 |
440 500 |
Prix des intrants |
|
|
|
|
Prix du paddy |
|
|
|
|
Rendement au décorticage |
|
|
60% |
60-70% |
Coût de revient approché du riz (FCFA/kg) |
|
91 |
31 |
20 |
Ces éléments de contexte devront être gardés à l’esprit lors de l’analyse.
Données hydrauliques (infrastructures)
Les infrastructures de Débé II sont tout à fait satisfaisantes pour permettre une riziculture en maîtrise totale de l’eau. Les équipements de pompage et les réseaux (irrigation et drainage) sont en bon état. Ils sont correctement entretenus par rapport aux autres aménagements. Les performances agronomiques, organisationnelles et certaines performances hydrauliques ne sont pourtant pas à la hauteur de la qualité de l’aménagement.
Le coût d’aménagement est clairement parmi les plus élevés de la région. Les problèmes organisationnels minent les performances du périmètre.
Peu de progrès sont réalisables sur les infrastructures.
TABLEAU 6
Analyse des données hydrauliques
(infrastructures)
|
Débé II |
Dieuck min |
Lata max |
Nombre de pompes |
5 |
3 |
4 (2+2) |
Débit nominal individuel (l/s) |
300 |
69 |
132 et 260 |
Débit nominal total (l/s) |
1500 |
208 |
784 |
Superficie exploitable (ha) |
500 |
50 |
262 |
Débit d’équipement en l/s/ha |
3,0 |
4,2 |
3,0 |
Débit actuel en l/s/ha |
3,0 |
< 4,2 |
3,6 |
Canaux I revêtus |
Béton |
Non |
Béton |
Canaux II revêtus |
Béton |
x |
Béton |
Arroseurs revêtus |
Non |
Non |
Collé étanche |
Drainage fonctionnel |
Oui |
Non |
Oui |
Coût investissement MFCFA/ha |
8,0 |
1,0 |
8,0 |
Entretien annuel nécessaire |
40 000 |
5 000 |
40 000 |
(estimé) (FCFA/ha) |
|
|
|
Entretien nécessaire par campagne (estimé) (FCFA/ha) |
20 000 |
5 000 |
20 000 |
Entretien réalisé par campagne (FCFA/ha) |
19 000 |
3 920 |
7 160 |
Qualité de l’aménagement |
|
|
|
Maîtrise de l’eau à la parcelle |
|
|
|
Données hydrauliques (fonctionnement)
La qualité générale de l’aménagement se traduit notamment par de bonnes performances des équipements de pompage. Les hydrovis permettent de réduire les coûts de pompage au m3, qui se situent entre le coût des électropompes (inférieur à un FCFA/m3) et celui des GMP (plus de deux FCFA/m3).
Peu de progrès sont réalisables sur les équipements de pompage. Cependant, l’encadrement envisage l’électrification du périmètre pour réduire les coûts de pompage. Or, ces frais sont modérés. La simulation montrera ultérieurement que la marge de progrès attendue d’une électrification du périmètre est faible.
TABLEAU 7
Analyse des données
hydrauliques
|
Débé II |
Boundoum min |
Nakhlet max |
Consommation gazole (l/ha) |
59 |
X |
150 |
Consommation électricité (kw) |
X |
90 |
X |
Coût pompage (FCFA/ha) |
20 185 |
9 000 |
29 000 |
Coût pompage (FCFA/m3) |
1,4 |
0,7 |
2,2 |
Pompage |
Hydrovis |
Electro pompes |
GMP |
Source d’énergie |
Moteur thermique |
Réseau électrique |
Moteur thermique |
Choix équipement de pompage |
|
|
|
Coût de pompage FCFA/m3 |
|
|
|
Données hydrauliques (entretien et provisions)
Les amortissements et entretiens réels sont comparés aux normes théoriques (NB: ces chiffres ne tiennent pas compte du taux de recouvrement de la redevance).
TABLEAU 8
Amortissements
réels
Charge réelle/norme théorique |
Débé II |
Dieuck min |
Diantakaye max |
Amortissement pompes |
208% |
64% |
112% |
Entretien pompe |
57% |
8% |
23% |
Entretien réseau |
75% |
20% |
98% |
L’amortissement des pompes est bien pris en charge, mais un déficit d’entretien des équipements de pompage et du réseau est constaté (NB: c’est général sur presque tous les aménagements). En effet, l’entretien réalisé (19 000 FCFA/ha) couvre à peu près les besoins estimés (20 000 FCFA/ha), mais ces besoins sont clairement sous-estimés.
La pérennité des infrastructures n’est donc pas assurée.
Données hydrauliques (fonctionnement)
Les volumes pompés par hectare à Débé II sont parmi les plus élevés, alors que la vallée du Sourou enregistre la meilleure pluviométrie des sites étudiés. L’avantage du faible coût de pompage au m3 n’est pas valorisé. Cela se traduit par une faible productivité de l’eau d’irrigation.
Plusieurs raisons expliquent ces fortes consommations en eau:
un fort étalement du calendrier cultural,
l’importance des drainages,
une gestion de l’eau non optimale à l’échelle de l’aménagement.
Des solutions pourront être recherchées pour améliorer la gestion de l’eau.
TABLEAU 9
Analyses des données
hydrauliques, fonctionnement
|
Débé II |
Débé I min |
Lata max |
Volumes pompés (m3/ha) |
|
6 764 |
18 189 |
RWS (en hivernage) |
2,2 |
1,33 |
2,42 |
Rendements paddy moyens (t/ha) |
4,5 |
4,3 |
6,4 |
Volumes/tonne de paddy (m3/t) |
3 112 |
1 573 |
2 842 |
Productivité de l’eau kg paddy/m3 |
0,32 |
0,64 |
0,35 |
Productivité de l’eau FCFA (paddy)/m3 |
34 |
64 |
46 |
Volumes pompés (m3/ha) |
|
|
|
Productivité de l’eau d’irrigation |
|
|
|
Données agronomiques (intrants)
Le choix des engrais et de leur proportion n’est pas optimal. Malgré une intensification assez importante (400 kg/ha d’engrais), les rendements restent moyens. De plus, le calendrier cultural n’est pas respecté.
En revanche les producteurs commencent à utiliser de la matière organique.
Des solutions peuvent être recherchées pour un meilleur approvisionnement en intrants et un conseil agricole plus efficace.
TABLEAU 10
Analyses des données
agronomiques
|
DébéII |
Diantakaye min |
Lata max |
Urée kg/ha |
200 |
150 |
200 |
DAP kg/ha |
0 |
100 |
0 |
NPK kg/ha |
200 |
0 |
470 |
Matière organique |
+ |
++ |
0 |
Rendement t/ha |
4.5 |
5 |
6 |
Choix des engrais |
|
|
|
Proportion des engrais |
|
|
|
Combinaison chimique et organique |
|
|
|
Respect du calendrier |
|
|
|
Pratiques organisationnelles: gestion et redevance
La coopérative de Débé II présente les frais de gestion les plus élevés (20 pour cent des charges totales). La coopérative a cependant commencé à diminuer les charges. Le taux de recouvrement de la redevance est le plus bas. C’est probablement la coopérative la moins mature sur le plan organisationnel, le transfert de gestion aux usagers étant récent.
Des solutions organisationnelles doivent être recherchées.
TABLEAU 11
Analyse des pratiques
organisationnelles
|
Débé II |
Nakhlet |
|
Frais de gestion de la cooperative FCFA/HA |
|
1000 |
|
Transparence générale dans la gestion |
Non |
Oui |
|
Recouvrement de la redevance |
Mode de paiement |
Nature obligatoire |
Nature ou espèces |
Calendrier de recouvrement? |
Peu clair |
Oui |
|
Sanctions claires et appliquées |
Non |
Oui |
|
Recouvrement décentralisé? |
Non |
Non |
|
Taux de recouvrement de la redevance |
|
100% |
|
Gestion générale |
|
|
Résultats économiques et financiers
Des résultats économiques et financiers présentés ci-contre, on peut tirer les conclusions suivantes:
actuellement le revenu à l’hectare sur Débé II est le plus faible des périmètres étudiés;
la valorisation de la main-d’œuvre y est légèrement supérieure à son coût d’opportunité (salaire d’un journalier agricole de 450 FCFA/j);
le coût de revient du paddy y est très proche du prix du marché (100 FCFA/kg) et la marge dégagée n’est que de 10 FCFA/kg;
le riz n’est pas compétitif, notamment à cause de mauvaises performances en aval de la filière.
TABLEAU 12
Résultats économiques et
financiers
|
Débé II |
Valeur min |
Valeur max |
Revenu/ha (FCFA/ha) |
68 000 |
68 000 |
313 000 |
Revenu/exploitant (FCFA/exploitation) |
126 000 |
101 000 |
550 000 |
Valorisation de la journée de travail (FCFA/j) |
900 |
900 |
10 900 |
TABLEAU 13
Adoption de meilleures
pratiques
|
Débé II |
Valeur |
Valeur |
Coût de revient du paddy (FCFA/kg) |
90 |
54 |
99 |
Coût de revient du riz (FCFA/kg) |
229 |
97 Pont |
229 |
Cependant, l’adoption de meilleures pratiques permettrait de produire un riz compétitif, de rendre attractive cette activité pour les irrigants et ainsi de valoriser le capital infrastructure.
Détermination de «bonnes pratiques» pertinentes
Deux problèmes essentiels semblent devoir être traités en priorité:
Quelques pratiques observées sur d’autres périmètres (et illustrées par des études de cas dans l’Annexe 2 de ce rapport) pourraient être adaptées au contexte de Débé II afin de résoudre ces difficultés.
Sur le plan organisationnel et institutionnel, une complète remise à plat de la gestion du périmètre et du partage des responsabilités est nécessaire pour permettre une autogestion efficace. Des principes de réhabilitation organisationnelle et financière peuvent être appliqués: concertation, transparence, assainissement de la gestion, paiement des arriérés, rigueur dans la gestion, définition de règles et sanctions, etc. [26]. Le partage des responsabilités au sein de la coopérative (fonctions déléguées, bénévoles ou indemnisées) doit être redéfini et inclure une décentralisation vers des organisations paysannes de base, indépendantes financièrement et au statut clarifié [22]. Ces mesures devraient améliorer le fonctionnement de la coopérative tout en diminuant les frais de gestion et en augmentant le recouvrement de la redevance. La coopérative devra également revoir ses modes de calcul et de recouvrement de la redevance [19]. Une séparation plus nette des fonctions hydrauliques et des autres fonctions peut être nécessaire et pourrait impliquer une forme de délégation de gestion hydraulique. Certains principes peuvent être tirés du test mené à Toula sur la délégation de la gestion hydraulique à une structure privée indépendante [10]. Les relations avec l’office d’aménagement devront également être clarifiées. L’ensemble de ces mesures organisationnelles et institutionnelles suppose une acceptation de la part des acteurs en place.
Une fois cette première étape réalisée, des aspects plus techniques peuvent être abordés. En particulier, les performances à l’aval de la filière minent actuellement la compétitivité du riz local. Un décorticage réalisé localement semble nécessaire, qu’il soit effectué par des décortiqueuses artisanales ou des mini-rizeries (diminution du coût de décorticage et augmentation du rendement à l’usinage). La Superficie de rizières pourrait justifier l’implantation d’une mini-rizerie et l’adoption d’une politique de riz de qualité [24]. Cette pratique est cependant conditionnée par l’existence d’un marché pour du riz de qualité et par l’acquisition de meilleures compétences de gestion par la coopérative. Dans un premier temps, la gestion de la mini-rizerie pourrait être confiée à un prestataire privé si la coopérative n’a pas les compétences requises.
Une meilleure organisation de la production est également nécessaire. Certains principes de planification agricole doivent être respectés [14]. Un appui conseil est nécessaire pour une planification plus efficace: l’utilisation de l’outil CalCul au niveau d’une maille hydraulique ou au niveau de l’aménagement peut aider la coopérative pour cette planification [15]. Cet appui concernerait également la vulgarisation de certains principes agronomiques, comme l’utilisation combinée d’urée et de DAP, tous deux disponibles sur le marché burkinabé.
Simulation de l’introduction de bonnes pratiques sur le périmètre de Débé II
Une simulation économique simple permet d’évaluer l’impact de certains de ces changements sur les indicateurs économiques et financiers. Les résultats sont donnés dans les tableaux 14, 15, 15a et 15b.
Le changement ayant l’effet le plus marqué sur le coût de revient du riz est l’amélioration des performances à l’aval de la filière. Cet aspect est souvent négligé alors que dans ce cas précis l’amélioration du taux de décorticage de 50 à 60 pour cent permet de faire passer le prix de revient du riz de 229 FCFA/kg à 170 FCFA/kg soit un gain de plus de 25 pour cent par cette simple opération. D’autre part la simple maîtrise des frais de gestion (diminution des frais de gestion de 85 000 à 30 000 FCFA/ha) permet une augmentation significative des revenus. Enfin, le projet de l’AMVS et des producteurs d’électrification des équipements de pompage pour diminuer les charges ne semble pas prioritaire: même une diminution de 50 pour cent des coûts de pompage n’a qu’un faible effet marginal sur le coût de revient du riz et sur sa compétitivité.
A Débé II, malgré les performances actuelles, la riziculture peut être attractive, pour les producteurs, et compétitive. Cela demande cependant sur le périmètre des réformes organisationnelles, institutionnelles et techniques importantes, qui ne seront peut-être pas accueillies favorablement par tous les acteurs en place, et une amélioration du décorticage au niveau aval de la filière de production. L’engagement des producteurs et leur responsabilisation sont essentiels pour le succès de ces réformes.
TABLEAU 14
Amélioration de la situation de
base par action
|
Situation de |
Amélioration de la situation de base par action sur: |
|||||
Changements |
Base |
Gestion |
Rendement |
Pompage |
Décorticage 1 |
Décorticage 2 |
|
Charges |
|
|
|
|
|
|
|
Intrants |
127 600 |
127 600 |
127 600 |
127 600 |
127 600 |
127 600 |
|
Service de l’eau |
42 145 |
42 145 |
42 145 |
20 000 |
20 000 |
20 000 |
|
Frais de gestion de la coopérative |
85 583 |
30 000 |
30 000 |
30 000 |
30 000 |
30 000 |
|
Main-d’œuvre et prestation de service |
92 000 |
92 000 |
92 000 |
92 000 |
92 000 |
92 000 |
|
Amortissement (station de pompage) |
26 000 |
26 000 |
26 000 |
26 000 |
26 000 |
26 000 |
|
Impots et taxes |
000 5 |
5 000 |
5 000 |
5 000 |
5 000 |
5 000 |
|
Coût du crédit de campagne |
11 745 |
11 745 |
11 745 |
11 745 |
11 745 |
11 745 |
|
Divers fonctionnement 5% |
13 766 |
10 987 |
10 987 |
9 880 |
9 880 |
9 880 |
|
Produit |
|
|
|
|
|
|
|
|
Rendement |
4,5 |
4,5 |
5,5 |
5,5 |
5,5 |
5,5 |
|
Produit |
472 500 |
472 500 |
577 500 |
577 500 |
577 500 |
577 500 |
Résultats avant transformation |
|
|
|
|
|
|
|
Total des charges/ha |
403 839 |
345 477 |
345 477 |
322 225 |
322 225 |
322 225 |
|
Revenus/ha (avec MOF) (FCFA/ha) |
68 661 |
127 023 |
232 023 |
255 275 |
255 275 |
255 275 |
|
Revenu/exploitant (sans MOF) (FCF/exploitant) |
12 6261 |
184 623 |
289 623 |
312 875 |
312 875 |
312 875 |
|
Temps de travail pour la culture du riz (H·J) |
160 |
160 |
160 |
160 |
160 |
160 |
|
Valorisation de la journée de travail (CFA/H·J) |
879 |
1 244 |
1 900 |
2 045 |
2 045 |
2 045 |
|
Coût de revient de 1 kg de paddy (avec MOF) (FCFA/kg) |
90 |
77 |
63 |
59 |
59 |
59 |
|
Marge (avec MOF) (FCFA/kg) |
15 |
28 |
42 |
46 |
46 |
46 |
|
Rdt min de rentabilité (y compris MOF, + t/ha) |
3,8 |
3,3 |
3,3 |
3,1 |
3,1 |
3,1 |
|
Résultats après transformation |
|
|
|
|
|
|
|
Coût de transformation (y compris marge du transformateur) (FCFA/kg) |
25 |
25 |
25 |
25 |
12 |
12 |
|
Rendement à l’usinage (approximatif) (%) |
50 |
50 |
50 |
50 |
60 |
70 |
|
Coût de revient de 1 kg de riz (avec MOF) (FCFA/kg) |
229 |
204 |
176 |
167 |
118 |
101 |
TABLEAU 15
Coût de revient d’un
kilogramme de riz
|
Revenu/ha |
Revenu/ |
Valorisation de la journée de
travail |
Coût de revient du kg de
riz |
Situation actuelle: |
68 661 |
126 261 |
879 |
229 |
Changement 1: Meilleure gestion |
127 023 |
184 623 |
1 244 |
204 |
Changement 1 + 2: Meilleure planification
agricole |
232 023 |
289 623 |
1 900 |
176 |
Changement 1 + 2 + 3: Meilleure gestion
hydraulique |
255 275 |
312 875 |
2 045 |
167 |
Changement 1 + 2 + 3 + 4a: Décorticage artisanal
local |
255 275 |
312 875 |
2 045 |
118 |
Changement 1 + 2 + 3 + 4b: Mini-rizerie |
255 275 |
312 875 |
2 045 |
101 |
TABLEAU 15A
Coût de revient d’un
kilogramme de riz - Effet marginal sur les différents
indicateurs
|
Effet marginal sur les différents indicateurs |
|||
Revenu/ha |
Revenu/ |
Valorisation de la journée de travail |
Coût de revient du kg de riz |
|
Situation actuelle: |
|
|
|
|
Changement 1: |
+85% |
+46% |
+41% |
-11% |
Changement 1 + 2: |
+83% |
+57% |
+53% |
-14% |
Changement 1 + 2 + 3: |
+10% |
+8% |
+8% |
-5% |
Changement 1 + 2 + 3 + 4a: |
+0%* |
+0%* |
+0%* |
-29% |
Changement 1 + 2 + 3 + 4b: |
+0%* |
+0%* |
+0%* |
-40% |
* Dans la simulation, il n’a pas été tenu compte de l’amélioration des performances au décorticage sur le prix du paddy payé aux producteurs. Les revenus restent donc inchangés. En réalité le paddy pourrait être payé au minimum 10 FCFA/kg de plus.
TABLEAU 15B
Coût de revient d’un
kilogramme de riz - Effet cumulé sur les différents
indicateurs
|
Effet cumulé sur les différents indicateurs |
|||
Revenu/ha |
Revenu/exploitant |
Valorisation de la journée de travail |
Coût de revient du kg de riz |
|
Situation actuelle: |
|
|
|
|
Changement 1: |
+ 85% |
+ 46% |
+ 41% |
- 11% |
Changement 1 + 2: |
+ 238% |
+ 129% |
+ 116% |
- 23% |
Changement 1 + 2 + 3: |
+ 272% |
+ 148% |
+ 133% |
- 27% |
Changement 1 + 2 + 3 + 4a: |
+ 272%* |
+ 148%* |
+ 133%* |
- 48%* |
Changement 1 + 2 + 3 + 4b: |
+ 272%* |
+ 148%* |
+ 133%* |
- 56%* |
* Dans la simulation, il n’a pas été tenu compte de l’amélioration des performances au décorticage sur le prix du paddy payé aux producteurs. Les revenus restent donc inchangés. En réalité le paddy pourrait être payé au minimum 10 FCFA/kg de plus.
Le DCR ne cherche pas à établir le diagnostic complet et précis d’un système irrigué mais plutôt à proposer une démarche volontairement systématique et relativement simple. L’objectif est de favoriser les réflexions croisées entre aménagements et de réfléchir en terme d’analyse comparée.
La simulation est très mécanique et ne tient pas compte d’effets induits. Elle est juste indicative et aide à mieux cerner les marges de manœuvre existantes. Par exemple, à Débé II, la marge de progrès est plus importante à l’aval de la filière que sur les aspects strictement hydrauliques. Le même DCR effectué sur un autre aménagement pourrait conduire à de toutes autres conclusions (par exemple un DCR conduit sur Dieuck, Mauritanie, ferait ressortir des problèmes hydrauliques et agronomiques essentiellement).
Différentes améliorations peuvent être suggérées:
apporter plus de précision aux principes et aux indicateurs les plus utiles (selon le type de périmètre considéré) pour obtenir une démarche plus légère;
utiliser des modèles simplifiés de calculs des indicateurs à partir de données brutes (feuilles Excel pré-formatées par exemple);
élargir le référentiel de périmètres pour qu’il soit représentatif d’autres systèmes irrigués de la région;
produire automatiquement des histogrammes, des tableaux croisés pour situer un aménagement par rapport au référentiel et permettre un présentation simplifiée et conviviale des résultats du DCR;
établir des liens entre les performances des autres aménagements et les pratiques.
[4] Un calcul de valeur ajoutée brute simplifiée et de coût de revient simplifié du kilo de riz est réalisé sur la base des hypothèses suivantes:
|